Qui sommes-nous ?

Le webzine que vous lisez assidûment fut d'abord un fanzine. Désormais, il est en ligne, parce que Judith est une jeune femme vachement moderne et tout, mais il ne l'a pas toujours été.

Il a seize ans.

Je l'ai fondé pendant des vacances que je passais à Belle-Ile-en-Mer, comme tous les étés depuis 1978, ou peu s'en faut.
J'ai là-bas des amis tisserands, dont la fille aînée, qui venait d'attraper depuis peu un nombre d'années à deux chiffres (elle est maintenant mère de famille), fréquentait de plus en plus assidûment, seule ou en bande, le cinéma local, qui à l'époque ne fonctionnait que deux ou trois mois par an et en profitait pour résumer l'année cinématographique (c'est là que j'ai vu Au revoir les enfants par exemple).

Ses parents regardaient donc le programme avec scepticisme. La plupart des titres annoncés leur étaient inconnus et je leur ai commenté un soir, histoire d'aider, les séances de la quinzaine à venir. Je leur ai ensuite proposé de leur envoyer un compte-rendu régulier de ce que je voyais à Paris. Affaire conclue.

Quand ma grand-mère et ma cousine Sarah l'ont su, elles ont réclamé un exemplaire. Forcément. J'ai cessé de découper les illustrations, j'ai dû les photocopier...

Très peu d'années plus tard, je régnais sur une cinquantaine d'abonnés, sans compter ceux qui recevaient le journal (dix numéros par an) de deuxième main. Ma cousine Marie (elle est maintenant religieuse dans l'ordre des Prêcheurs) avait parallèlement fondé Le Petit historien sans que nous nous fussions consultés, et fréquentait pas mal elle-même les salles obscures. Nous fusionnâmes donc cousinesquement nos efforts en créant les immortelles Editions Lepetit, et Marie vitupéra désormais mensuellement dans mes colonnes, au titre non usurpé de "Correspondante Outre-Loire" (car elle habitait Toulouse), avec une science inégalée du dégommage de navets amerloques.

Ce fut elle qui, dans une des notes de bas de page que nous nous régalions à fomenter, m'appela pour la première fois "Jupiter Mahieux". En une étrange schizophrénie, je me dédoublai alors en Etienne-le-gentil-rédacteur et Jupiter-le-chef-redouté.

Ce dernier ne découragea pas les recrutements. Nous fûmes bientôt rejoint par l'excellent Olivier Boraz, par son cousin Eric Jaich dit "Excalibur Junior" (l'épée qui critique) — qui nous a fait l'honneur de sévir de loin en loin dans cette nouvelle version électronique —, par la cousine Sarah déjà citée, par l'inestimable Frédéric (déjà fondateur du fan-club de Marie), par une authentique étudiante en cinéma, Anne Mistral, et par un ancien journaliste devenu prêtre, Thierry Bezard.

Ah !
La belle équipe !



Puis vint un jour où je dus préparer l'agrégation de lettres.
Aller au cinéma, impossible d'y renoncer, c'était une hygiène, mais cela risquait d'être moins fréquent... et puis, la mise en page, l'expédition... qué travail.
Frédéric se proposa, récupéra instantanément le surnom d'Hercule, et se mit à l'ouvrage. Seulement moi, j'avais pu démarrer tout doucement, abonné par abonné. Le pauvre Fred a dû en gérer cinquante d'un coup.

C'était pas humain.

Il craqua.

(................. Quelques années plus tard ..................)

Quelques années plus tard, Fred rencontra une charmante Judith qui, parmi ses nombreuses qualités, était une virtuose de la création de sites web. Il lui raconta manifestement l'épopée du Petit spectateur historique, à moins qu'elle n'ait trouvé ses archives dans un carton. Toujours est-il qu'ils me proposèrent de refonder le fanzine, sous forme de blog.

Je temporisai.

Quelques temps plus tard, il fallut me rendre à l'évidence. Ils avaient commencé sans moi. Une seule solution : les rejoindre.

Je l'ai fait.

Et voilà.

Etienne Mahieux

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